25ans d’actions autour de diversité biologique pour sauvegarder la vie sur terre
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Ricardo AYI
  • Publié, il y a 2 ans
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Entrée en vigueur en 1993, la Convention sur la diversité biologique (CBD) a été ratifiée jusqu’à présent par 196 états. Cette convention internationale vise à défendre la diversité biologique, l’utilisation durable des ressources naturelles et la protection des ressources génétiques.

Bref rappel de la genèse de la Convention sur la Diversité Biologique

Au terme de l’article 2 de la Convention sur la diversité biologique (CDB), on entend par diversité biologique, la : « variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes »


La Journée internationale de la biodiversité célébrée chaque 22 mai, s’inscrit dans le cadre des Objectifs de Développement Durable du Programme de développement des Nations Unies. Le thème de la « biodiversité » concerne les acteurs de l’agriculture durable ; la désertification ; la dégradation des terres et la sécheresse ; eau et assainissement ; santé et développement durable ; énergie ; science, technologie et innovation ; partage des connaissances et renforcement des capacités ; résilience urbaine et adaptation ; transport durable ; le changement climatique et la réduction des risques de catastrophe ; les océans et les mers ; les forêts ; les groupes vulnérables, y compris les peuples autochtones; et la sécurité alimentaire. Le rôle crucial de la biodiversité dans le développement durable a été reconnu dans un document final de Rio + 20 intitulé «Le monde que nous voulons : un avenir pour tous».


Le Bénin a signé la Convention sur la diversité biologique le 12 juin 1992 ; l’a ratifiée le 30 juin 1994 et élaboré la stratégie pour sa mise en œuvre en 2002.

Au Bénin, certains sous-secteurs clés du développement tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche et la foresterie et les activités économiques qui leur sont associées, dépendent directement de la biodiversité et contribuent à la réduction de la pauvreté. D’autres secteurs, bien que ne dépendant pas directement de la biodiversité, en sont tributaires pour leur fonctionnement. C’est le cas de la santé, de l’approvisionnement en eau, du tourisme, de la protection contre les inondations et de la gestion des déchets.

Aperçu sur la biodiversité du Bénin

D’un point de vue éco-systémique, le Bénin regorge d’une multitude d’écosystèmes. D’abord, une couverture forestière estimée à 4 561 000 ha (soit 47% du territoire en 2010) incluant 58 massifs forestiers classés (représentant près de 25% du territoire national) avec des savanes, des forêts claires, des forêts denses semi-décidues et des forêts galeries. Les inselbergs qui sont des affleurements rocheux en forme de dôme et qui se démarquent de manière abrupte du paysage environnant avec les montagnes. En effet, le Bénin dispose de plusieurs cours d’eau dont les plus importants sont le fleuve Niger au nord et au nord-est, la rivière Pendjari au nord-ouest, le fleuve Ouémé au centre et au sud, le fleuve Couffo au sud-est et enfin, le fleuve Mono à l’ouest. En outre, le territoire béninois dispose dans la zone littorale, d’un important réseau lacustre et lagunaire d’environ 270 km2 avec les mangroves à palétuvier. 

Plusieurs zones humides ont été érigées en site Ramsar et couvrent une superficie de 1.974.005 ha. Dans la partie Sud du pays, on retrouve deux complexes de zones humides qui se répartissent en Complexe Est (site Ramsar 1018) formé par la basse vallée de l’Ouémé, la lagune de Porto-Novo, le lac Nokoué et les zones marécageuses d’Adjara-Sakété et en complexe Ouest (site Ramsar 1017) qui comprend la Basse Vallée du Couffo, la lagune côtière, le chenal Aho et le lac Ahémé. Dans la partie septentrionale du pays, les zones humides sont dominées par le complexe Parc du W (site Ramsar 1668) et de la rivière Pendjari (site Ramsar 1669). On y note aussi plusieurs aires insulaires incluant les îles de Tondi Kwaria Barou, Koki Barou, Gagno Goungou, … etc. 

D’un point de vue spécifique, la flore du Bénin est riche de 2807 espèces de plantes. Environs le 25ème (3,77% ; 106 espèces) est menacée (Vulnérable, En Danger ou En Danger Critique). Par ailleurs, 64% de l’ensemble des espèces menacées sont inféodées aux ilots de forêts denses humides indiquant l’urgence d’actions concrètes pour la protection de ces écosystèmes.

La faune du Bénin est riche et aussi diversifiée, mais il est difficile de chiffrer précisément le nombre d’espèces animales dans la mesure où il existe encore des groupes entiers d’invertébrés pour lesquels les connaissances sont fragmentaires. Le nombre d’espèces d’invertébrés se chiffre en milliers ; au Bénin on dénombre plus de 5500 espèces d’insectes malgré la difficulté à faire un inventaire exhaustif de ce groupe taxonomique. Cependant, les vertébrés sont mieux connus au Bénin et on dénombre jusqu’à 51 espèces d’amphibiens, 93 espèces de reptiles (espèces marines incluses), 160 espèces de mammifères (mammifères marins non inclus), 221 espèces de poissons (poissons marins non inclus) et 570 espèces d’oiseaux. Une nouvelle espèce d’antilope sauvage est découverte et nouvellement décrite pour la science en 2010 : Philantomba walteri et vient donc compléter la liste des espèces de mammifères observées au Bénin (Colyn et al.2010). Globalement les investigations sur la faune font état de plusieurs espèces menacées dont certaines sont signalées éteintes au Bénin. Ainsi, selon la nouvelle liste rouge du Bénin établie en 2011, on dénombre 2 espèces d’Amphibiens menacées de disparition, 15 espèces de reptiles, 45 espèces d’oiseaux et 49 espèces de mammifères.

Eau ; Agriculture et  Biodiversité au Bénin

L’agriculture a été identifiée comme l’un des facteurs le plus important de la perte de la biodiversité au Bénin. La croissance démographique galopante et la forte demande en nourriture exercent une pression croissante sur la biodiversité qui se traduit par la dégradation des habitats, la fragmentation et la conversion des habitats naturels. Ce qui rejaillit sur le fonctionnement des écosystèmes terrestres et aquatiques et sur l’approvisionnement des populations en éco-services essentiels. Ainsi, le développement durable au Bénin est étroitement lié aux stratégies d’utilisation des terres et des plans d’eau qui maintiennent un maximum de biodiversité. La biodiversité est notre assurance vie pour l’avenir : des écosystèmes sains sont essentiels pour nous aider à affronter les effets dévastateurs duchangement climatique. Plusieurs sources de données signalent un risque important probable en matière de rendement des cultures et de production alimentaire avec un impact défavorable sur la sécurité alimentaire en cas de réchauffement et des risques croissants à des niveaux de réchauffement plus élevés.

Selon le rapport spécial du GIEC, les températures globales pourraient augmenter de 2°C à 4°C avant la fin du siècle avec plusieurs conséquences néfastes sur les espèces et les habitats. La biodiversité sera sévèrement menacée avec pour conséquence, le changement voire un arrêt des services éco-systémiques. L’agriculture pluviale qui est de loin le système agricole le plus utilisé au Bénin est très vulnérable même pendant les faibles changements de la disponibilité en eau. Ainsi il est important de développer et de mettre en œuvre des stratégies appropriées d’adaptation et de réduction des effets du changement climatique.

25 ans  et d’actions autour de la diversité biologique

L’année 2018 marque le 25ème anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention sur la diversité biologique. Le thème de la commémoration de cette journée : « Célébration de 25 ans d’action pour la biodiversité » a été choisi afin de rappeler l’histoire de la journée, mais surtout de tirer un bilan sur les efforts déjà fournis et ce qui reste à faire. Nous célébrons la beauté et la merveille de la nature, et toutes les personnes qui travaillent dur pour la protéger. Bien que beaucoup de progrès aient été réalisés, il reste encore d’efforts à faire pour préserver notre belle terre. Appliquée notamment grâce au soutien des gouvernements, des organisations non gouvernementales et intergouvernementales, des peuples autochtones, des communautés locales, de la communauté scientifique et des particuliers, la Convention a globalement permis, depuis son entrée en vigueur : 

•l'élaboration d'orientations scientifiques pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité;

•l'entrée en vigueur du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques; 

•l'entrée en vigueur du Protocole de Nagoya sur l'accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation; 

•la création et la mise en œuvre de stratégies et de plans d'actions nationaux pour protéger la diversité biologique.

Après avoir adopté le Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique, les parties ont fait des progrès significatifs vers la réalisation d’un certain nombre de ses 20 objectifs, appelés Objectifs d'Aichi pour la biodiversité. 

Aussi le Bénin a-t-il pris l’engagement, à l’instar de toutes les autres nations parties prenantes, d’élaborer une stratégie et un plan d’actions national sur la Biodiversité (SPANB), 2011-2020  dont l’objectif global de  mise en œuvre de cette dernière est de « Prendre des mesures efficaces et urgentes en vue de mettre un terme à l’appauvrissement de la diversité biologique, afin de s’assurer que, d’ici à 2020, les écosystèmes soient résilients et continuent de fournir des services essentiels, préservant ainsi la diversité de la vie sur Terre, et contribuant au bien-être humain et à l’élimination de la pauvreté ».


Les perspectives qui se dégagent……

Le Bénin fait partie des pays ayant pris conscience très tôt de la dégradation de son environnement et donc, des ressources biologiques et a pris des textes, des lois et des réglementations en vue d’une meilleure gestion des ressources naturelles. Il a de plus adhéré, signé ou ratifié plusieurs conventions, traités et accords internationaux relatifs à la protection de son environnement. Malheureusement, la plupart de ces textes sont restés peu connus et généralement mal appliqués. 

De plus, sur le plan institutionnel, il se pose un problème d’organisation, d’information, de communication et de développement de stratégies applicables et régulièrement actualisés aux contextes évolutifs de la biodiversité. Nous avons l’espoir que la mise en œuvre concertée et efficiente de la présente SPANB garantira des lendemains enchanteurs pour la postérité.

Vivons en harmonie avec la nature afin que d’ici à 2050, la diversité biologique soit mieux valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, pour que la planète soit maintenue en bonne santé et que des avantages essentiels soient procurés à tous les peuples.


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